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From SI Exco News

L'Action des membres de Servas


Action pour les demandeurs d’asile

J'ai lu avec intérêt l'article sur l'Histoire de Servas dans le dernier SI news, ainsi que le rapport écrit par les représentants SERVAS à l’ONU sur la" Sous-Commission de la Promotion et de la Protection des Droits de l'Homme". Une des résolutions passées concernait "l'interdiction absolue de la torture, ou de tout autre traitement ou peine cruel, inhumain et dégradant, et l’illégitimité des exécutions arbitraires, sommaires ou extrajudiciaires, en toutes circonstances".

Ces mots sont directement tirés de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme du 10 décembre 1948 (juste avant la naissance de Servas) maintenant célébré comme la Journée des Droits de l'Homme. D'autres articles de la DUDH mentionnent le droit à ne pas être tenu en esclavage, le droit à la liberté de pensée, de conscience, d'opinion et d'expression et le droit de chercher asile dans d'autres pays pour fuir la persécution.

Des membres de Servas GB aident et soutiennent les Réfugiés et les Demandeurs d’Asile au Royaume-Uni. Entre nous, nous travaillons avec un certain nombre d'organisations différentes et de groupes de soutien aux Réfugiés et Demandeurs d'Asile. Nous avons essayé d’impliquer d’autres membres Servas en créant un réseau à l’intérieur de Servas GB, pour se soutenir mutuellement, partager nos préoccupations et échanger des idées et des informations. Nous pensons que cela permet de garder un lien avec l'esprit d'origine de Servas et que souhaiter la bienvenue à ceux qui demandent asile à notre pays est le reflet de notre logo "aux portes ouvertes".

Je voudrais faire part de certaines de nos activités. Je ne veux pas faire de cet article un article politique. Cependant, il doit être établi dans un contexte de reconnaissance que le processus d’asile au RU est de plus en plus dur, où les droits des demandeurs d’asile, sans parler des victimes de torture, sont ignorés. La précision et la qualité des prises de décisions quant aux demandes d’asile ont été lourdement critiquées par Amnesty International et par le HCR des Nations Unies.

Ceux dont les demandes d’asile sont refusées peuvent être renvoyés dans des lieux où ils courent un réel danger et le risque d’une persécution continuelle. Même lorsque leur demande est toujours en cours d'étude, les Demandeurs d’Asile n’ont pas le droit de travailler, mais les Demandeurs d’Asile "rejetés" perdent tout leur soutien financier et peuvent se retrouver sans aucune ressource, dormant à la dure et survivant grâce à la charité et l'aumône. Des membres Servas dans certaines villes du RU soutiennent un large nombre de Demandeurs d’Asile démunis, récoltant des fonds grâce à des dons et diverses autres actions collectrices d'argent dans le but de fournir de la nourriture et un peu d’argent chaque semaine. D’autres hébergent des Demandeurs d’Asile sans domicile pour une courte période.

D’autres membres Servas visitent les Demandeurs d'Asile qui sont détenus dans les Centres de Détentions de l'Immigration. Le Royaume-Uni est un des rares pays où les Demandeurs d’Asile, y compris les femmes, certaines avec des bébés et des enfants, sont fréquemment détenus dans un environnement carcéral, derrière des hautes clôtures, parfois pendant des mois. C’est particulièrement traumatisant pour les enfants et la détention des enfants a beaucoup été critiquée par les organisations de défense des Droits de l’Homme, et par des avocats.

Le 1er décembre 2005, l’Union Européenne a publié une nouvelle directive, dans le but d’harmoniser les procédures et parvenir à un système commun d’Asile, afin de "protéger nos frontières". A Servas International, nous pouvons aussi travailler en collaboration. Il y a quelques années, quand une famille Irakienne Demandeuse d’Asile a été expulsée vers l’Espagne, selon le principe du Pays Tiers de la Convention de Dublin, parce que le père était arrivé là-bas en premier avant d’aller au Royaume-Uni retrouver sa famille, des membres Servas ont été contactés à Madrid et ont pu les rencontrer, les aider et les soutenir.

Où que vous soyez dans le monde, j'aimerais avoir vos réponses sur les points évoqués dans cet article, soit dans le prochain numéro, soit sur le net, ou en me contactant directement à saram[at]seelig.fsnet.co.uk.

Margaret Seelig - Servas Grande Bretagne


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Accompagnatrice au Guatemala

J'ai vu l'annonce dans le magazine d'Amnesty International – vous parlez espagnol, avez l'expérience des pays en voie de développement, êtes volontaire pour travailler 3 mois dans des communautés Mayas. C'était pour moi. Après une semaine de formation à Guatemala City avec 6 autres femmes entre 28 et 65 ans, de France, Suède, Suisse, j'ai pu me faire une idée du job à la réunion mensuelle des 20 accompagnateurs, qui ont parlé de leur communauté et des responsabilités dans leur travail.

Ma communauté, près de Chimaltenango, n’était qu’à 2h de bus de Guatemala City (certaines étaient à plus de 7h). L'ouest du pays est montagneux, avec des sommets à plus de 3000m. Ma compagne autrichienne et moi-même dormions sur le sol du centre médical, à 2000m d'altitude, à côté de l'école d'un village de 200 habitants. Il n'y avait pas l'eau courante mais une citerne construite dans le sol collectait les eaux de pluie que nous pouvions utiliser pour nous laver, et filtrer pour boire. Les toilettes étaient une latrine de ciment au dessus d’un large trou.

Depuis 1962, des confrontations armées internes ont fait plus de 200 000 tués et 40 000 disparus. En 1996, des accords de paix ont été signés par le gouvernement et les guérillas, sous le contrôle des Nations Unies. Les survivants demandent la fin de l'impunité, certains sont prêts à venir témoigner. Leurs angoisses venaient de l'intimidation et des menaces faites par leur propre communauté et d'autres, où des massacres ont eu lieu entre 1980 et 1982. C'est ainsi qu'a débuté le projet d'accompagnement. Une présence internationale dans les communautés s’avére très réconfortante et importante pour ces peuples mayas. Ils attendent toujours un jugement.

Nous mangions avec une famille différente chaque jour en contribuant à la nourriture. Nous passions le reste de la journée à visiter, à discuter avec les témoins, en les aidant, eux ou leur famille, dans leurs tâches quotidiennes : collecter l’eau, récolter les haricots, le maïs, ramasser du bois de chauffage, apprendre le tissage, le crochet, faire du chocolat. A chaque repas, nous avions des tortillas et soit du riz, soit des haricots, parfois un oeuf, du poulet ou du fromage s’ils avaient une vache. Le café noir sucré était très léger. Les maisons, s'accrochant au versant boisé de la montagne étaient en bambou et adobe, avec des toits en tôle ondulée. Si la famille avait plus d’argent (d’un parent aux USA), la maison était en parpaings de ciment.

Nous avons visité 3 autres communautés, toutes les 2 semaines, séjournant chez les témoins et les accompagnant à la capitale où se tenaient des réunions. Je ne me suis jamais sentie en danger, sauf quand j’allais à la capitale, car j’avais lu des articles de presse parlant de personnes disparues, de femmes assassinées. En tant qu'Européenne, je me sentais plus en sécurité.

A plusieurs occasions j’ai visité Antigua où j’ai rencontré un hôte anglais qui m’a donné une vision de l'intérieur du Guatemala. Son amour et son enthousiasme pour son pays d’adoption étaient très contagieux. Il vit là bas depuis 1976 (il est arrivé juste après le tremblement de terre) et a voyagé et beaucoup travaillé dans tout le Guatemala. Ses opinions et ses expériences de gouvernements précédents et de la corruption existante étaient considérées comme provocantes. Un évadé de la Californie des années 60, et sa femme guatémaltèque cultivaient des noix de macadamia biologiques et se sont avérés être des hôtes de jour fascinants. J’ai passé une journée avec la coordinatrice Servas du Guatemala qui m’a fait découvrir Guatemala City, où elle travaille. C’était un mode de vie différent, par rapport à mon travail d’accompagnement, son monde semblait à des millions de kilomètres et non à 2 heures de route.

Le Guatemala est un pays magnifique et béni avec un peuple Maya charmant et coloré, la majorité d’entre eux voulant fournir à leur famille les choses essentielles à la vie et conserver leur précieuse culture. Mais le pays a d'énormes problèmes, la vague de violence dans la capitale n’étant pas le moindre, apparemment entretenue par l’impunité. Tant que le gouvernement et l’armée ne se secoueront pas pour se débarrasser des individus corrompus et pour mettre en oeuvre une volonté politique de justice, d'éradication du racisme, d'amélioration de l'équilibre social, je vois un triste futur pour le Guatemala.

Dorothy Wilson Craw, Angleterre


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